Le Val d’Orge refuse la nouvelle carte des agglomérations
Après le conseil des 10 communes le 10 septembre et l’adoption d’une motion, la mobilisation se poursuit contre la décision du Préfet de Région de nous fondre dans une méga-agglomération de plus de 530 000 habitants, bien au-delà des préconisations de la loi. Les habitants sont appelés à signer la Carte T pour refuser cette fusion.



Une loi de recentralisation
En 1999, la Loi Chevènement de coopération intercommunale encourage les communes à « s’associer au sein d’espaces de solidarité, en vue d’élaborer un projet commun de développement et d’aménagement de leur territoire ».
Quinze ans n’auront pas suffi pour consolider les intercommunalités dont certaines sont encore très jeunes, construire des rapports étroits avec les administrés. Mais ces quinze années seraient donc suffisantes pour détricoter la loi et lui substituer un nouveau texte législatif, la Loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, (MAPAM) beaucoup plus autoritaire et qui impose une modification en profondeur de notre paysage institutionnel.
La compétitivité y remplace la solidarité. Et l’union librement consentie doit s’effacer devant un mariage forcé d’un autre âge, un âge d’avant 1981 et des premières lois de décentralisation. Ainsi, la carte de l’intercommunalité n’est plus celle conjointement et librement décidée par les communes. Elle est l’½uvre du seul Préfet de Région.

En la matière, le moins que l’on puisse dire est qu’il a fait preuve d’un zèle excessif. Alors que la Loi MAPAM prévoit dans la zone d’influence du Grand Paris, des agglomérations d’au-moins 200 000 habitants, il taille en Essonne, deux méga-territoires, l’un à l’Ouest de l’ordre de 800 000 habitants englobant Massy, le plateau de Saclay, et allant jusqu’à Versailles. L’autre plus… « modeste » totalise près de 533 000 habitants, avale le Val d’Orge, Evry, l’Arpajonnais, et mord sur la Seine-et-Marne avec le SAN Sénart Ville nouvelle.
On peut d’ailleurs légitimement se demander ce qui peut bien rassembler 48 communes, étalées sur 50 km, dans des environnements différents, sans liens, sans habitudes de travail, sans pratiques communes. Bref, on peut se questionner sur les intérêts réels de tels regroupements à marche forcée qui n’ont jamais été discutés en amont par les principaux intéressés : les communes et les habitants. Quant aux économies qui dit-on, pourraient ainsi être générées, rien – et en état de cause, aucune étude sérieuse – ne prouve qu’elles seront aux rendez-vous, bien au contraire.

Les habitants doivent pouvoir s’exprimer
Conscients des dangers de la Loi MAPAM, les dix maires du Val d’Orge avaient demandé à l’Etat de conserver le périmètre actuel de notre agglomération. Voir la demande de dérogation adressée au Préfet
Car avec ses dix communes et ses 136 000 habitants,notre Communauté d’agglomération constituée en 2001, est une agglomération à taille humaine, qui développe une coopération intercommunale librement consentie, et qui travaille au bénéfice de ces habitants.
"Les réhabilitations de la Médiathèque, du Théâtre de l’Arlequin ou tout récemment de la piscine sont pour Morsang, parmi les preuves de notre capacité à mettre en commun efficacement des savoirs-faire, des moyens humains et financiers pour mieux répondre aux besoins." témoigne Marjolaine Rauze.
Refuser ce gigantisme, c’est affirmer la volonté de consolider la proximité et le service public, de mener à leur terme les projets, de maîtriser la fiscalité, le développement...
La carte des intercommunalités du Préfet de Région semble montrer qu’ils n’ont pas été entendus.

Quant aux habitants, la loi ne prévoit aucunement qu’ils puissent s’exprimer sur ce bouleversement institutionnel. Les questions posées sont pourtant suffisamment nombreuses pour être débattues publiquement : les politiques de proximité, la cohérence des bassins de vie, la place des citoyens dans les processus de décisions, la disparition des départements telle qu’elle est préfigurée dans la première mouture du Préfet de Région, les compétences de ces super-agglos en particulier en matière d’aménagement du territoire, de développement économique, d’habitat, des transports… et la place qu’elles laisseront (ou pas) aux communes pour se développer, et mener leurs propres projets avec les habitants.
"Eloigner les habitants et réduire leur représentativité, c’est à coup sûr les empêcher d’être partie prenante des choix, des orientations qui pourtant les concernent. .. Coopérer dans un territoire connu et reconnu qui possède une histoire et des usages communs, c’est ça la modernité", s’insurge Marjolaine

Premiers temps forts de mobilisation Ignorés par la Loi, les citoyens gardent néanmoins le pouvoir de donner de la voix. Et ils y sont invités par le Val d’Orge qui lance une campagne pour défendre notre agglomération et refuser son intégration dans ce qui pourrait devenir un "Grand Evry".
- Une carte T est d’ores et déjà à disposition. On peut signer en ligne en se connectant sur le site de du Val d’Orge.
- Lors de la Journée des Associations le 6 septembre, cette Carte T sera proposée à la signature.
- Une séance extraordinaire des dix conseils municipaux du Val d’Orge aura lieu le mercredi 10 septembre, à 19h30, salle Gérard-Philippe à Sainte-Geneviève-des-Bois. Les Morsaintois sont appelés, comme l’ensemble des Valdorgiens à y participer nombreux.
- Un tract d’information a également été publié. Vous pouvez le télécharger ci-dessous.

Une fois le projet de coopération intercommunale présenté aux élus locaux par le Préfet de Région, les intercommunalités auront trois mois pour délibérer et se prononcer en faveur ou contre le projet de redécoupage et éventuellement être écoutés.
Un temps très court mais qui doit permettre à la mobilisation de grandir pour imposer nos choix en matière de qualité de vie et de développement.

Mise à jour : 9 septembre 2014

Carte T
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Tract d’information
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